Arthrose du genou et cures thermales : quelle efficacité ?

Arthrose du genou et cures thermales : quelle efficacité ?

Saviez-vous que l’arthrose du genou, ou gonarthrose, représente le premier motif de cure thermale rhumatologique ? Si l’on sait depuis longtemps que les soins prodigués durant ces cures bénéficient à des milliers de patients chaque année, ce n’est que récemment que l’effet du thermalisme sur la gonarthrose a été scientifiquement évalué.

Les arthroses des membres, dont le genou, font partie des principales indications de cure thermale, en complément du traitement médical habituel et en l’absence de contre-indications. En France, environ 75 établissements à « orientation rhumatologique »* proposent cette prise en charge.

Les objectifs des cures thermales sont évidemment de réduire les douleurs du genou, mais aussi d’améliorer la mobilité articulaire et le bien-être général. Les principales techniques utilisées sont :

  • Les cures de boisson d’eau thermale (1 à 2 verres par jour);
  • Les cataplasmes ou bains de boues chaudes ;
  • Les « bains » ou pulvérisations de vapeur ;
  • Les douches (sur l’ensemble du corps et localisées) et les massages à température corporelle,
  • Les bains en piscine chaude ou tiède ;
  • La kinésithérapie avec des exercices adaptés (souplesse, équilibre, stabilité) ;
  • La rééducation et les hydromassages (jets, douches) en piscine.

Certains établissements proposent également du vélo en piscine, de la marche nordique et des ateliers collectifs, notamment de diététique ou d’ergonomie.

Le repos, le changement de climat, de lieu ou de mode de vie et l’éducation thérapeutique associés à la cure thermale sont également destinés  à l’amélioration des symptômes de la gonarthrose.

Des symptômes d’arthrose du genou améliorés pour la moitié des curistes

De nombreuses études ont été conduites pour évaluer l’effet des cures thermales sur la gonarthrose. Toutefois, elles ne comparaient pas les personnes incluses dans l’étude, bénéficiant d’une cure, avec un groupe témoin (personnes au profil proche n’ayant pas fait de cure). S’il ne pouvait donc y avoir de preuve formelle, les données recueillies suggéraient toutefois une action positive sur les douleurs et la mobilité.

Depuis, une étude sur 462 personnes atteintes d’arthrose du genou sous traitement non chirurgical a été menée par l’Association Française pour la Recherche Thermale. Cette étude a comparé le niveau de douleur et la fonction articulaire d’un groupe de curistes avec un groupe témoin 3, 6 et 9 mois après la cure. Le ressenti du médecin face à l’état de son patient a aussi été évalué. Les résultats montrent que la cure permet à 1 patient sur 2 d’être amélioré en termes de douleur et de fonction (54,4 % chez les curistes contre environ 30% dans le groupe témoin) selon l’avis des patients eux-mêmes et de leur médecin. L’effet bénéfique pouvant se prolonger jusqu’à 9 mois après la cure.

Sources documentaires

  • *Liste du Conseil National des Exploitants Thermaux (C.N.E.Th) 
  • Forestier R et al. : Spa therapy in the treatment of knee osteoarthritis, a large randomised multicentre trial. Ann Rheum Dis, published online 3 Sep 2009.
  • Syndicat National des Medecins Rhumatologues, Société Française de Rhumatologie, Collège Français des Médecins Rhumatologues : Le Livre Blanc de la Rhumatologie Française, 2015.
  • COFER : Item 180 : Prescription d’une cure thermale, 2011.

Article publié le 4 décembre 2017 par Emmanuelle Manck, rédactrice scientifique et médicale.

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