Insuffisance veineuse chronique : les plantes « stars »

Insuffisance veineuse chronique : les plantes « stars »

Marron d’Inde, petit-houx, vigne rouge… Certaines plantes sont largement utilisées pour soulager des symptômes de l’insuffisance chronique tels que l’œdème et la sensation de jambes lourdes. Focus sur leurs propriétés et leurs effets. 

Traditionnellement employées depuis des siècles pour lutter contre les troubles veineux, certaines plantes sont aujourd’hui intégrées, seules ou en association, sous formes d’extraits dans des produits (comprimés, pommades…) destinés à soulager les « jambes lourdes » et d’autres symptômes de l’insuffisance veineuse chronique. Ces produits sont considérés complémentaires aux principaux traitements de l’insuffisance veineuse chronique, comme l’activité physique, la perte de poids ou le port de bas de compression.

Le mode d’action de ces plantes dites veinotropes ou veinotoniques est resté longtemps méconnu avant que des chercheurs, grâce à des études biochimiques et cliniques, nous dévoilent peu à peu les secrets de leurs vertus naturelles. Les phytoconstituants de ces plantes, principalement des flavonoïdes ou des saponosides,  semblent notamment démontrer un effet positif sur le tonus veineux et la microcirculation au niveau des capillaires. Parmi elles, on compte :

  • Le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum), un grand arbre originaire d’Asie occidentale, aujourd’hui commun dans villes et aux bords des routes en France.Utilisées de longue date pour lutter contre les troubles circulatoires, la graine et l’écorce de la plante contiennent différentes substances telles que l’escine et d’autres flavonoïdes qui inhiberaient l’inflammation, renforceraient l’imperméabilité des capillaires, fluidifieraient la circulation sanguine, tonifieraient les veines et réduiraient l’œdème des jambes.
  • Le petit-houxou fragon (Ruscus aculeatus), un arbrisseau à baies rouges, plus présent en Méditerranée, dont le rhizome est employé pour ses bienfaits sur les « jambes lourdes ». Ses composés, en particulier ses saponines et coumarines, auraient des propriétés vasoconstrictrices sur les capillaires et protègeraient les parois veineuses de l’hyperperméabilité typique de l’insuffisance veineuse.
  • Le Gotu Kola (Centella Asiatica), une herbacée rampante utilisée en médecine chinoise et indienne depuis des siècles. Elle renferme des triterpènes aux propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes. En cas d’insuffisance veineuse, elle inhiberait la vasodilatation des veines et améliorerait la microcirculation sanguine, ce qui diminuerait l’œdème de la cheville de manière mesurable.
  • La vigne rouge (Vitis vinifera) contient plusieurs substances naturelles pouvant avoir un effet sur les symptômes de l’insuffisance veineuse chronique. La quercétine, un flavonoïde présent dans la feuille, aurait démontré des propriétés antioxydantes, anti-inflammatoires et fluidifiantes, tandis que sa rutine réduirait le risque de formation de caillots. Les proanthocyanidines du pépin de raisin pourraient également renforcer les parois des vaisseaux sanguins.
  • L’hamamélis (Hamamelis virginiana), un arbuste provenant d’Amérique du Nord, contient des tanins astringents qui lutteraient contre la perméabilité capillaire associée aux varices et favoriserait la guérison des lésions de la peau.

Selon les auteurs de deux revues d’études récemment publiées dans la prestigieuse « Cochrane Library », les produits à base de plantes montreraient effectivement une action sur l’œdème, les inconforts, les fourmillements et les crampes liée à l’insuffisance veineuse chronique, avec toutefois un niveau de preuve « modéré ».

Attention : Les produits à base de plantes peuvent faire l’objet de précautions d’emploi et être contre-indiqués dans certaines situations (grossesse, allaitement, etc.). Certaines plantes peuvent également modifier l’effet de  médicaments. Les indications de dose, de prise et de mode d’administration  doit être scrupuleusement respectées. Demandez conseil à votre pharmacien et lisez attentivement la notice.

Sources documentaires

  • Martinez-Zapata MJ, Vernooij RW, Uriona Tuma SM, et al. : Phlebotonics for venous insufficiency. Cochrane Database Syst Rev 2016.
  • Barbič M : Spirostanol saponins and esculin from Rusci rhizoma reduce the thrombin-induced hyperpermeability of endothelial cells. Phytochemistry. 2013 Jun; 90:106-13.
  • Dudek-Makuch M, Studzinska-Sroka E : Horse chestnut – efficacy and safety in chronic venous insufficiency: an overview. Revista Brasileira de Farmacognosia 25 (2015) 533–541.
  • WHO Monographs on Selected Medicinal Plants – Folium et Cortex Hamamelidis -Volume 2- 2004.
  • Rabe E : Efficacy and tolerability of a red-vine-leaf extract in patients suffering from chronic venous insufficiency, results of a double-blind placebo-controlled study. Eur J Vasc Endovasc Surg. 2011 Apr;41(4):540-7.
  • Reema Jasuja R: Protein disulfide isomerase inhibitors constitute a new class of antithrombotic agents. J Clin Invest. 2012;122(6):2104-2113.
  • Monograph : Ruscus aculeatus (Butcher’s Broom). Alternative Medicine Review Vol. 6, Nr 6, 2001, p.612.
  • Chong NJ, Aziz Z. : A Systematic Review of the Efficacy of Centella asiatica for Improvement of the Signs and Symptoms of Chronic Venous Insufficiency. Evid Based Complement Alternat Med. 2013;2013:627182.
  • Shi J, Yu J, Pohorly JE, Kakuda Y: Polyphenolics in grape seeds-biochemistry and functionality. J Med Food. 2003 Winter;6(4):291-9.

Article publié le 3 août 2017 par Emmanuelle Manck, rédactrice scientifique et médicale.

Pathologies <