Lymphœdème : comment éviter les complications cutanées

Lymphœdème : comment éviter les complications cutanées

D’origine génétique ou survenant suite à des épisodes traumatiques du système ganglionnaire, les lymphœdèmes causent nombre de désagréments aux personnes qui en souffrent. Ils sont fréquemment responsables de complications cutanées, qui peuvent être traitées de façon préventive et avec une bonne hygiène de vie.

Le lymphœdème, qui désigne un œdème lié à une accumulation anormale de lymphe dans une partie du corps, peut provoquer un certain nombre de désagréments chez les patients qui en souffrent : des gonflements et une lourdeur des membres, de la douleur, et différentes complications cutanées, en particulier des infections bactériennes et fongiques (provoquées par un champignon).

Pourquoi les complications cutanées surviennent-elles ?

Le système lymphatique, dans lequel circule la lymphe, permet normalement à l’organisme d’éliminer l’excès de grosses protéines et d’eau situés entre les cellules, et joue un rôle dans les défenses immunitaires. Lorsque survient un lymphœdème, la lymphe s’accumule entre les cellules et sous la peau.

La stagnation prolongée de ce liquide entraîne une accumulation de substances (des protéines et autres déchets à éliminer, qui favorisent la prolifération de bactéries). L’activité des cellules qui assurent la défense de l’organisme est réduite, ce qui diminue la réponse immunitaire locale.

Progressivement, la peau devient moins élastique et s’épaissit, ce qui l’expose au dessèchement et à la dénutrition. Celle-ci assure alors plus difficilement sa fonction de barrière contre les pathogènes.

Quelles sont les complications cutanées les plus fréquentes ?

Les infections d’origine bactérienne ou fongique sont fréquentes chez les personnes qui souffrent de lymphœdème.

Les infections bactériennes, appelées érysipèles, sont parfois dues à un streptocoque et se développent dans le membre atteint. Les symptômes sont une fièvre brutale, des frissons, des douleurs, des rougeurs du membre et une augmentation du volume du lymphœdème.

Les bactéries pénètrent en général à travers une lésion, en particulier celles causées par des champignons (mycoses) entre les orteils (intertrigos inter-orteils) ou encore les ongles incarnés, qui représentent une véritable porte d’entrée pour ces micro-organismes.

Prévenir et guérir ces complications

La prévention anti-infectieuse reste la première arme contre le lymphœdème et en particulier l’érysipèle.

Les infections cutanées étant fréquentes, la prise préventive d’antibiotiques est souvent envisagée. Un diagnostic et un traitement précoces peuvent permettre d’éviter les traitements trop pénibles (prises d’antibiotiques par voie intraveineuse notamment) ou l’hospitalisation.

Les pieds étant particulièrement exposés aux infections fongiques, des produits antifongiques peuvent y être appliqués.

L’utilisation de vêtements de compression, de bandages compressifs, et le drainage lymphatique manuel peuvent par ailleurs être conseillés au niveau des membres touchés.

Enfin, l’hygiène de vie est importante pour réduire les risques de lymphœdème. Notamment, une bonne nutrition et une hydratation, la pratique d’exercice physique, et le contrôle de son poids corporel.

Sources documentaires

Article publié le 6 mars 2017 par Antoine Bonvoisin, journaliste scientifique et médical.

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