Qu’est-ce qu’une sciatique ?

Qu’est-ce qu’une sciatique ?

Sciatique, lumbago, hernie discale… On ne sait pas toujours ce que signifient exactement ces termes très courants associés au « mal de dos ». Thuasne vous aide à y voir plus clair dans les définitions, en commençant par la sciatique et sa vive douleur qui s’élance de la fesse au pied. 

Appelée couramment « sciatique », la lombosciatique est un mal de dos situé dans la région lombaire et concernant le nerf sciatique. Ce nerf part du plexus sacral, un ensemble de nerfs situé dans le bas de la colonne vertébrale qui assure la motricité et les sensations dans les membres inférieurs, et se prolonge dans la jambe. On ne parle donc de sciatique qu’en présence d’une douleur du dos irradiant dans le membre inférieur au moins jusqu’en dessous du genou : la douleur du « lumbago » ne s’étend pas au-delà de la fesse. Le plus souvent, elle n’atteint qu’un seul côté.

Une hernie discale souvent en cause

La douleur de la sciatique, ou sciatalgie (du grec « algos », qui signifie douleur), provient dans 95% des cas d’une irritation au niveau d’une des racines du nerf sciatique par une hernie discale, autrement dit, une saillie d’un disque intervertébral hors de son logement. La sciatique est alors dite « commune ». Elle peut être favorisée par des ostéophytes, ces petites excroissances osseuses anormales qui peuvent accompagner l’arthrose et irriter le nerf sciatique.

Deux zones douloureuses très caractéristiques !

De type « névralgique », très vive, la douleur de la sciatique prend un trajet différent dans le membre inférieur selon la racine nerveuse touchée :

  • Si elle se situe au niveau de la dernière vertèbre lombaire, ou « L5 », la douleur part de la fesse, descend vers le côté externe de la cuisse et du genou jusqu’à la cheville, puis vers le dos du pied jusqu’au gros orteil.
  • Si elle se situe au niveau de la première vertèbre du sacrum, ou « S1 », la douleur part de la fesse et descend à l’arrière de la cuisse vers le mollet, puis le tendon d’Achille et le bord externe ou la plante du pied, jusqu’au petit orteil.

La douleur s’accentue en position assise, à l’effort, à l’occasion de la toux, et diminue en position couchée. Elle peut être accompagnée d’une douleur à l’aine et  de sensations de fourmillements, d’engourdissement ou de faiblesse dans le membre concerné.

Déclenchement, évolution, diagnostic, et traitement de la sciatique

La sciatique commune apparaît souvent chez les personnes ayant fréquemment ou depuis longtemps des douleurs du bas du dos (lombalgies chroniques) ou ayant eu récemment un lumbago, et suite à un effort physique, même modeste, un mouvement extrême ou une chute. A cause du poids de leur ventre et de modifications hormonales assouplissant leur bassin, les femmes enceintes y sont également sujettes.

Importante durant les premiers jours de la crise, la douleur de la sciatique diminue rapidement. L’évolution est spontanément favorable dans l’immense majorité des cas : 80 % des personnes touchées par une sciatique guérissent dans un délai de 2 mois et 95 % d’entre eux, dans un délai d’un an.

Le médecin diagnostique plutôt aisément une sciatique grâce à la description de la douleur donnée par son patient et par l’examen physique : il peut constater des raideurs particulières à la mobilisation de la jambe et des zones douloureuses à la pression typiques. Des examens d’imagerie complémentaires, comme une radiographie ou un scanner, peuvent être prescrits pour confirmer le diagnostic. Le traitement de la sciatique consiste dans la plupart des cas à soulager la douleur par des médicaments antidouleur, des anti-inflammatoires et une limitation des activités dans les limites de la douleur. Une chirurgie est rarement nécessaire.

Des cas particuliers

Il existe des variantes rares de sciatiques qui demandent une prise en charge médicale  en urgence:

  • Sciatique hyperalgique : avec une douleur très importante résistante aux antidouleurs,
  • Sciatique paralysante : avec un déficit moteur c’est-à-dire des muscles ne répondant plus, entraînant des difficultés à la marche, au mouvement,
  • Sciatique avec syndrome de la queue de cheval : accompagnée de problèmes génito-urinaires (difficultés à uriner ou au contraire perte du contrôle des urines et des selles, fuites urinaires).

Dans 5% des cas, la sciatique a une cause infectieuse, inflammatoire (par exemple, spondylarthrite), tumorale ou traumatique (fracture du sacrum).

Sources documentaires

  • ANAES, Service des recommandations professionnelles : Prise en charge diagnostique et thérapeutique des lombalgies et lombosciatiques communes de moins de 3 mois d’évolution, fév. 2000.
  • Grellier P. : Sciatique, cruralgie et canal lombaire droit. Extrait du Campus de Neurochirurgie, janvier 2009.
  • COFER, Collège Français des Enseignants en Rhumatologie : Item 279 : Radiculalgie et syndrome canalaire,
  • 2010-2011.
  • Revel M. : Sciatiques et autres lomboradiculalgies discales, EMC-Rhumatologie Orthopédie 1 (2004) 101–116.
  • Nys A. : Lombo-radiculalgies par hernie discale : le diagnostic et la prise en charge médicale. Kinésithér Scient 2012;529:5-10.
  • Galimard E. : Le diagnostic différentiel d’une sciatalgie commune. Correspondances en Nerf & Muscle – Vol. III – n° 2, octobre 2005.

Article publié le 27 juillet 2017 par Emmanuelle Manck, rédactrice scientifique et médicale.

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